SEGNIA- Cercle d\'Histoire et d\'Archéologie - HOUFFALIZE

Boeur et Buret, leur histoire Il y a cent ans et plus : Boeur et Buret L. NOLLOMONT

 Il y a cent ans et plus : Boeur et Buret, par  L. NOLLOMONT



Illustration de la première page des fascicules du Bulletin paroissial de Boeur.



Introduction

Au début du XXe siècle, le diocèse de Namur faisait imprimer sous la présidence de Mgr Heylen, un Bulletin paroissial qui était distribué le premier dimanche de chaque mois dans les ménages de son ressort. En 1909 parut la première édition, imprimée dans les établissements E. Cartiaux-Thilmont, à Tongrinne (Sombreffe). Les cahiers mensuels de l’année, numérotés de 1 à 12, pouvaient être agrafés ensemble et former ainsi un fascicule d’environ 60 feuilles sous couverture grise.

Une seule page est consacrée aux nouvelles de la paroisse à laquelle les cahiers étaient destinés, ce qui requérait beaucoup d’attention et de métier de la part des imprimeurs ; le reste est constitué d’articles de fond encourageant à la pratique religieuse, d’extraits des Ecritures saintes, de conseils pratiques pour le jardinage, l’éducation des enfants, de recettes pour les ménagères, de mises en garde contre l’alcool et l’influence de la franc-maçonnerie et libres penseurs notamment. Les « mauvais journaux » et la « mauvaise presse » sont vilipendés de mois en mois parce qu’ils « dénigrent ou attaquent la religion ». Parmi cette presse déconseillée aux catholiques et chrétiens, « il faut ranger les journaux libéraux, radicaux, socialistes et surtout les neutres ; car ‘qui n’est pas pour moi est contre moi’ a dit Notre-Seigneur Jésus-Christ ». Dans la liste des titres à ne pas lire, on trouve La Dernière Heure, Le Soir, L’Echo du Luxembourg, L’Ardennais, de Neufchâteau, Le Courrier des Ardennes, de Marche, et bien d’autres.

Pour ne pas paraître trop austère, le tout était agrémenté de charades, de devinettes ou de quelques bons mots. « Pour les pauvres » une prière servait d’abonnement ; « pour les autres » un don à la discrétion de l’abonné pouvait être envoyé à la Direction de l’œuvre diocésaine de la Défense et de la Préservation de la Foi, à Jemelle.


* * * *


Le document

La chronique paroissiale intéressait sans doute plus d’un lecteur. Dans le troisième cahier, celui de mars 1909, on apprend la naissance de Lucienne Marie Françoise, fille d’Alphonse Molitor et d’Anna Majerus, à Boeur ; le mariage d’Adrienne Guillaume, de Boeur, avec Edmond Remy, de Tavigny ; le décès à Boeur, à l’âge de 81 ans, de Marie Thérèse Remacle, veuve Dorquet.
L’horaire des confessions à Buret et à Boeur ainsi que les offices paroissiaux sont également communiqués. Cinq lignes signalent que le 23 janvier, l’abbé Charlier a été transféré de Buret à Bougnimont ; l’abbé Jeandrain a été nommé chapelain à Buret.
Une liste des enfants assistant au catéchisme en donne le classement en fonction des résultats obtenus avec un maximum de 140 points : le petit Cyrille Kimès est le premier dans la première division avec 133,4 points ; suivent les Joseph Krémer, André Cremer, Léon Lemaire, Henri Legrand. Marie Havelange est la mieux classée parmi les fillettes avec 135,4 points, précédant Marie Frantzen, Emma André, Céline et Elisa Lambert, Victorine Grandjean et Victorine Mostade. Dans la deuxième division, 11 garçons et 12 filles ; dans la troisième division, un nombre égal de garçons et de filles : 7 ; la quatrième division est moins fournie : 4 garçons et 3 filles.

Un peu d’histoire, distillée au gré des lignes à remplir : « Autrefois la paroisse de Boeur était beaucoup plus étendue que maintenant. Elle comprenait Boeur, Buret, Vandebourcy (sic), Bernistap, Vissoule, Alhoumont, Goniprez. Elle a été réduite aux limites actuelles après le Concordat de 1801.
De l’an 1300 à 1795, tous les curés qui ont administré la paroisse de Boeur étaient des religieux du couvent de Sainte-Catherine, dit Val des Ecoliers, de Houffalize ».

Avec la liste habituelle des enfants suivant le catéchisme, le quatrième bulletin, daté d’avril 1909, communique les horaires des confessions et des messes pour le mois et les fêtes pascales. Les mouvements de population renseignent les naissances de Léonie Marie Gh. Bastin, fille de Jules et de Mélanie Golinvaux, à Buret, le 17 février ; onze jours plus tard, la naissance de Louise Marie, fille de Jules Lambert et d’Ursule Crémer, également à Buret. Trois couples ont uni leur destinée : le 17 février, Isidore Lamboray, de Boeur, et Firmine Gaspard, de Volaiville ; le 23 février, Charles Octave et Lambertine Neu, tous deux de Boeur ; le 11 mars, Marcel Leclère et Adèle Thomas, tous deux de Buret. En février et au début de mars, une sexagénaire et quatre enfants en bas âge, dont un mort-né, ont été inhumés. La suite du mois de mars n’a connu aucune réjouissance suite à la naissance d’un enfant ou à un mariage ; par contre, Louis Célestin Bastin, 7 ans, Louis Joseph Bastin, 2 ans, et Ernest Joseph Bastin, 5 ans, ont été enlevés à l’affection de leurs parents.

Le Bulletin paroissial dit ne pas vouloir être sermonneur. Puisqu’il s’adresse à des chrétiens et que « sa raison d’être est précisément d’aider au maintien et au développement de la vie religieuse parmi vous, il est tout à fait dans son rôle en rappelant les obligations » dont les catholiques seraient tentés de s’affranchir « pour leur plus grand dommage ».

Pour donner un exemple de la littérature dispensée dans ses pages, retenons plus particulièrement la question posée aux lecteurs : « Les catholiques peuvent-ils assister aux enterrements civils ? ». La réponse, reflet des mentalités de cette époque, est donnée par un curé mis en scène dialoguant avec Jean dont un compagnon de travail a été inhumé la veille sans prêtre. Il y avait « beaucoup de monde et de partout : de gros Messieurs qu’on disait francs-maçons, portant des rubans, des colliers, etc., des gens de tous les environs, même deux sociétés d’harmonie ». Jean avait suivi le cortège jusqu’au cimetière, récitant son chapelet, et s’interrogeait sur le bien-fondé de son geste. La réponse du curé est claire et tranchée : ces enterrements sont interdits aux catholiques et Jean aurait mieux fait de réserver ses prières pour une autre occasion ! Quant au cortège funèbre, c’était une « parade contre l’église ». Pour tempérer quelque peu l’interdiction, le curé conseille à Jean de prendre son avis si à l’avenir il croit avoir un motif spécial de prendre part à ces « tristes cérémonies ».

Le bulletin de mai rappelle que le 7 avril 1902 avait été célébrée la bénédiction des cloches de l’église de Buret (1) ; depuis lors, Victorine Louis et Léocadie Lamboray, les deux marraines qui s’étaient « signalées par leur générosité et leur zèle pour la maison de Dieu », étaient décédées. Autre date mémorable pour les paroissiens : le 16 mai 1907 et la bénédiction de la première pierre de l’église de Boeur.

En juin, pas de naissance mais le mariage de Joseph Laforge, de Boeur avec Maria Pierre, de Cobru-Noville le 12 mai précédent, et le décès le 1er mai de Henri Joseph Thys, de Buret, âgé de 81 ans. En complément, la liste des curés de la paroisse de Boeur :
« De l’an 1600 à 1900, nous avons la série ininterrompue des curés qui ont administré la paroisse. Avant l’an 1600, les curés dont les noms nous sont connus sont peu nombreux. L’obituaire du Couvent de Houffalize (2) fait mention de Frère Henri, religieux du Couvent et curé de Buers (Boeur), mort le 4 janvier 1243. (3)
En 1334, Gilles de Huy, prieur du Couvent de Houffalize, ayant droit de patronage avec quelques autres, présente à la paroisse de Buers, Jean de Rachamps, curé de Elle, dans le diocèse de Trèves.
Le 30 octobre 1365, Gilles de Rochefort, archidiacre d’Ardenne, [est] nommé pour succéder à Jean de Rachamps. (4)
Jean de Lestinis In Valle, [est] présenté par les religieux de Houffalize, de préférence à Gobelin de Wolche (Wiltz), présenté par d’autres. (5)
L’acte de la fondation Flabéville, passé en 1540, fait mention de Frère Urbain, curé de Boeur. Il était assisté de tous les religieux du Couvent de Madame Sainte Catherine de l’Ordre de Vaulx des écoliers à Houffalize, en le diocèse de Liège. En 1563, nouvelle convention entre le dit fondateur et les religieux de Houffalize ; Jehan de Thiellet, curé de Buers, agit au nom du Couvent.
Les archives font encore mention de Jean Petit, curé de Boeur en 1580 ». (6)

A partir de 1600 :
1. Jean De la Roche, curé de Boeur en 1602, d’après un rapport de l’archidiacre d’Ardenne. (7)
2. Richard Wallerand, [de Tronle], de 1616 à 1629.
3. Englebert Ska, d’Alhoumont, de 1629 à 1635.
4. Jean Jacques, d’Alhoumont, du 4 juillet 1635 jusqu’en 1641.
5. Frère Jean Ra[y]mon[t], de 1641 à 1678, mort en 1679. (8)
6. Gilles Michel, de 1678 à 1680.
7. Frédéric Gangulphe, de Bastogne, de 1680 à 1702, mort le 7 janvier 1709. (9)
8. François Botho, de Houffalize, de 1709 à 1735, mort le 24 janvier 1736. (10)
9. Frédéric Schluntz, de Houffalize, de 1736 à 1762, mort le 20 février 1762. (11)
10. Antoine Joseph Remacle Martiny, [de Marche], du 3 mars 1762 au 8 juillet 1795 [date de sa mort]. C’est le dernier curé venu du Couvent de Houffalize.
11. Michel Schmitz (12), de Hachiville, premier curé choisi dans le clergé séculier, fut curé coadjuteur du 25 septembre 1794 au 8 juillet 1795 et curé effectif de cette date au 27 janvier 1808. Il est enterré à Boeur. Mr Dewez, curé de Tavigny, administra la paroisse pendant 3 mois.
12. Nicolas Joseph Antoine, d’Engreux, du 1er mai 1808 au 1er juillet 1829. Mr Winkin, vicaire à Buret, administra la paroisse pendant un mois.
13. C. Tedesco, d’Arlon, du 1er août 1829 au 1er novembre 1831.
14. Jean Joseph Octave, de Bourcy, du 1er novembre 1831 au 1er janvier 1873.
15. H. Mersch, de Virton, du 1er janvier 1873 au 1er mai 1883. Mr Delacolette, curé de Cetturu, administra la paroisse pendant un mois.
16. Henri Michaelis, d’Arlon, du 1er juin 1883 au 4 juillet 1887, enterré à Boeur. Mr Pierrard, curé de Rachamps, administra la paroisse pendant un mois.
17. François Detry, de Denée, du 1er août 1887 au 1er août 1900.
18. Auguste Joseph Cahay, de Neuville-Vielsalm, depuis le 1er août 1900 jusqu’à ce qu’il plaira à Dieu et à Monseigneur de l’y maintenir.

Autrefois, à cause de la grande étendue de la paroisse, le curé de Boeur avait un vicaire coadjuteur. Le mois prochain, le Bulletin publiera la liste des vicaires de Boeur et des vicaires de Buret ».



« Ita est fr f gangulphi Curé de Beur » (28 décembre 1688).


« fr f Botho Channoine regulier de St Augustin et Curé de Boeur »
(1er mars 1723).

 

L'article complet peut être obtenu sur simple demande à Segnia



20/12/2010
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