SEGNIA- Cercle d\'Histoire et d\'Archéologie - HOUFFALIZE

Bref historique de la commune de Houffalize par L. Nollomont

HOUFFALIZE, par L. Nollomont

(article paru aux éditions Racine, présentation de la commune)

 

 

  • arrondissement de Bastogne
  • localités : Mabompré, Mont, Nadrin, Les Tailles, Tavigny, Wibrin
  • 16 656 ha ; 5 004 habitants (au 31.12.2008)

 

 

HOUFFALIZE | 6660

 

  • du latin alta falesia = haute falaise
  • Houffalois, aussi surnommés Bordjeus
  • noyau urbanisé à fonctions commerciale et résidentielle, surfaces agricoles et forestières, secondes résidences ; de 340 à 400 m
  • E 25, N 30, N 826, N 860, gare et dépôt des vicinaux, lignes de bus vers La Roche, Gouvy, Liège et Bastogne
  • 507 ha

 

Historique

 

Les hauts plateaux ardennais n’ont guère attiré les populations avant l’installation des Celtes, vers 470 avant notre ère. Un groupe établi dans la région de Houffalize-Gouvy, connu par les sépultures et les sites fortifiés, se rattache par ses coutumes funéraires aux voisins de l’Hunsrück-Eifel, dont il est sans doute issu. L’occupation romaine est dense ; disséminées non loin de la voie Reims-Cologne, les villae sont à destination agricole. Le Vieux Château de Houffalize, de type éperon barré, pourrait figurer parmi les fortifications de l’empire romain et annonce les caractéristiques essentielles de l’occupation de la région durant le Haut Moyen Âge. Le nom de Houffalize apparaît pour la première fois en 1147, dans un acte mentionnant Winandus D[ominus] de Alta Falesia, traduisant le toponyme Huffalise, attesté dès 1204. Winand et son épouse, Béatrice de Walcourt, sont à l’origine d’une lignée perpétuée jusqu’à la Révolution française. Son fils Thierry Ier lui succède de 1180 à 1244, année de sa mort. Celui-ci et son fils Henri ont fondé dans leur cité le prieuré Sainte-Catherine qui sera supprimé en 1784. Fils de Henri, Thierry II fut seigneur de Houffalize de 1277 à 1282. Les Luxembourg, les Grandpré, les d’Argenteau, les de Mérode, les de Rivière  se sont succédés à la tête de la baronnie : Jean-Canti de Zalusky, dernier détenteur de la seigneurie, l’avait héritée par le mariage de son grand-père paternel, un comte polonais, avec l’héritière de Rivière. Un second château, postérieur, se dressait au centre de la ville ; il a été réaménagé par les trois familles qui, en 1627, se le partagèrent ainsi que les biens fonds attachés à la seigneurie. Durant l’occupation par les troupes françaises de Louis XIV, les bâtiments subirent des déprédations importantes et les fortifications furent démantelées. Après avoir fait partie du patrimoine de familles locales, le dernier bâtiment de ce château fut acheté en 1884 par la Commission d’Assistance publique et transformé en hospice. À la fin du 19e siècle, l’aménagement d’une voie du vicinal vers Bourcy, où elle rejoignait la ligne de chemin de fer Gouvy-Bastogne, amena de nombreux touristes. En décembre 1944, la ville subit trois bombardements dévastateurs ; ainsi disparut le caractère ardennais typique qu’elle présentait jusqu’alors.

 

À voir

 

À l’origine de l’établissement de religieux à Houffalize, se trouve un hôpital créé entre 1203 et 1216 grâce aux dons de seigneurs locaux. En 1235, l’hôpital est placé sous l’invocation de sainte Catherine et donné aux religieux de Notre-Dame-en-Île de Liège pour y ériger un monastère rattaché à l’Ordre du Val-des-Écoliers. En 1243, la communauté échange ses biens contre un terrain situé au bord de l’Ourthe, plus propice à l’établissement d’une maison conventuelle. La construction se poursuit jusque dans la première moitié du 14e siècle, au gré des donations. La communauté dessert plusieurs paroisses et assure l’entretien de seize à dix-huit églises et chapelles. Il ne subsiste que l’église, devenue paroissiale en 1784. L’église Sainte-Catherine, de style ogival primaire, abrite les gisants des seigneurs Thierry Ier et Thierry II. Le premier est représenté dans l’attitude du fondateur, tenant dans ses mains la maquette d’une église aux fenêtres en arc brisé. Le second apparaît chaussé de mailles, vêtu du haubert, les manches terminées par des mitons ; il porte une cotte armoriée et un écu cachant en partie une épée. Oeuvre datée de circa 1370, commandée par le prieur Mabiston à un atelier dinantais, l’aigle-lutrin en laiton s’apparente par le style à des pièces similaires conservées à Tongres et à Venise. Œuvre baroque remarquable du sculpteur Jean Pécourt, une statue monumentale représente saint Joseph et l’enfant. Il est vêtu d’une longue tunique et d’un manteau drapé en tablier ; il tend la main droite vers l’enfant, vêtu d’une tunique courte et tenant dans la main droite un panier tressé contenant des outils de charpentier. Le même artiste est l’auteur du maître-autel en chêne, daté de 1698. Il est orné d’un tableau représentant le martyre de sainte Catherine. Offert par le frère Louis Draway, il est l’œuvre du peintre liégeois Louis Counet. Les stalles et les lambris du chœur ont été placés par le prieur Augustin Legond (1725-1751). La tour et le clocher sont ajoutés à la fin du 18e siècle ; la nef latérale en 1905. Adossées au mur sud de l’église ou replacées dans la pelouse de l’ancien cimetière contigu, sont conservées quelques magnifiques dalles et croix funéraires en schiste, réalisées dans les ateliers d’Ottré ou de Bastogne. La chapelle Saint-Roch, a été construite vers 1634 le long de l’ancien chemin Houffalize-Bastogne, lorsque la peste sévissait en Ardenne. C’est une chapelle mononef à une seule travée, avec chevet à trois pans et un oculus, sous toiture de chèrbins, sans clocheton. Le char Panther Ausf. G, immobilisé sur la place Albert Ier, est un des trois exemplaires de ce type conservés en Belgique, et appartenait à la 116. Panzer Division qui, en janvier 1945, retraitait depuis Hotton.

 

Événements

  • Marche européenne du Souvenir et de l’Amitié en juin
  • Carnaval du soleil en août
  • Festival de VTT (coupe du monde)

 

Gastronomie

  • Gibiers et salaisons ardennaises
  • La Chouffe, bières blondes et brunes brassées à Achouffe

 

 

MABOMPRÉ | 6663

 

  • « le pré de Mabon », abréviation de Madalbert
  • à vocation agricole, en mutation profonde (secondes résidences) ; 440 m
  • N 826
  • 2 802 ha

 

Historique

 

L’occupation romaine de Mabompré est attestée par la présence de sépultures. L’entité comptait quatre moulins, dont deux établis sur l’Ourthe orientale. Bonnerue est implanté dans un vallon et de ce fait ne manque pas d’eau comme le révèle la toponymie : bon ru = bon ruisseau. Dès le 13e siècle, Engreux est le siège d’une des quatre Hautes Cours du comté de La Roche, disposant du droit de justice et, peu avant 1719, fut doté d’une chapelle, desservie par un recteur spécial. Elle fut érigée en paroisse en 1843. Mabompré appartenait à l’abbaye Saint-Sauveur de Prüm dont les biens sont minutieusement décrits dans le Polyptique de 893. Les droits de l’abbaye s’étendaient à la chapelle et à 16 manses de terres. La seigneurie passa aux d’Ouren et, à la fin du 17e siècle, aux de Mathelin, une famille ardennaise, dont l’imposante demeure est appelée le château. Vellereux semble avoir été la paroisse primitive de la mairie féodale d’Engreux. Les archives conservent le souvenir de Daniel, « investitus de Velroit », cité en 1243.

 

À voir

 

La chapelle Saint-Bernard de Bonnerue est un sanctuaire néo-gothique mononef à chevet plat, en moellons de grès et de calcaire. Plusieurs fermes blanchies datant pour la plupart du 18e siècle, sont remarquables par le soin apporté à leur construction. Nous retiendrons le petit ensemble rural en U (n° 16), formé de bâtiments en moellons blanchis sous toiture de chèrbins. Les encadrements de la porte et des fenêtres sont en calcaire. L’entrée est surmontée d’un linteau bombé à clé et les montants sont à deux harpes. Bordant la route à droite, la première des quatre cellules des locaux agricoles conserve un linteau en bois peint et gravé de « IHS 1677 ». La fontaine publique est une cavité voûtée dans un mur de soutènement en moellons. À côté, se dresse la pompe à bras en fonte, datée de 1857, et portant la marque des ateliers W. Garvens à Anvers. L’église paroissiale d’Engreux est un petit sanctuaire néo-classique mononef en moellons blanchis, à trois travées. L’entrée est cintrée, sous un fronton triangulaire et un oculus. Le village a maintenu quelques fermes à deux, trois ou quatre cellules, souvent aux murs blanchis et sous bâtière de chèrbins. Implanté sur le versant exposé au sud, Mabompré a conservé des constructions des 18e et 19e siècles : des fermes aux murs blanchis, sous bâtière de chèrbins, et l’ancien château daté de 1732. L’aile sud, à sept travées en double corps de fenêtres, était réservée au logement des propriétaires. L’église Saint-Blaise à Vellereux est entourée de son cimetière enclos de murailles. L’édifice fut construit vers 1700 mais son origine est antérieure. Le pan nord-est du chœur est percé d’un oculus qui communique avec une théothèque sculptée et grillagée du 15e ou 16e siècle, se trouvant dans la sacristie. Le maître-autel, en chêne, œuvre de J. Lemercier, coûta 50 patagons en 1674-1675. Les deux autels latéraux sont également de la fin du 17e siècle. Dans le cimetière sont conservées quelques croix et dalles funéraires.

 

 

MONT | 6661

 

  • du latin mons = montagne, cité en 1067
  • Montois
  • sur le plateau au nord de Houffalize, à vocation agricole et touristique ; 440 m
  • N 30, N 827, ligne de bus Houffalize-La Roche
  • 3 247 ha

 

Historique

 

Trois villae gallo-romaines et une fortification défendue par une enceinte et six tours semi-circulaires, datée de la fin de l’empire romain, ont été découvertes sur le territoire de cette entité. Une petite nécropole mérovingienne, constituée de cinq tombes à caisson en dalles de schiste, a été fouillée en 1968. Les églises de Mont et de Dinez, unies durant la plus grande partie de leur histoire, étaient desservies par un seul et même prêtre. Des conflits surgirent entre les deux communautés de paroissiens. Ainsi, en 1612, lors de la reconstruction de l’église de Dinez, les habitants de Mont refusèrent-ils de participer aux frais mais y furent contraints par décision de justice.

 

À voir

 

Mont recèle plusieurs fermes anciennes construites en moellons de schiste. La villa des Cheras, édifiée à la fin du 19e siècle, fut dès 1883 la résidence campagnarde temporaire de l’écrivain néerlandais Lodewijk van Deyssel. Parmi les pierres tombales du cimetière de Mont, six datent du 18e siècle ; les autres sont du 19e siècle, dont six signées Piette et Georis. Essentiellement à vocation touristique, Achouffe est situé dans la Vallée des Fées, lieu de rendez-vous de promeneurs qui apprécient le calme de ses forêts. À Dinez, isolée dans un vieux cimetière renfermant de nombreuses croix en schiste ardoisier, se dresse la tour de l’ancienne église Saint-Urbain, de plan carré, construite en moellons en 1755. Elle est surmontée par une flèche octogonale. L’église de Dinez est mentionnée dans un acte de donation effectuée en 1252 par Herbert de Dasbourg, seigneur du lieu, en faveur du prieuré de Houffalize. Fontenaille apparaît dans une charte de 896. La chapelle Saint-Jacques, en moellons de schiste enduits et blanchis, est citée dès 1130 ; elle est entourée du mur d’enceinte du cimetière qui contient quelques croix en schiste des 18e et 19e siècles. Gravé sur la face nord de la tour, au-dessus de l’entrée d’origine, actuellement obturée, le millésime « 1700 » date la construction. Dans un premier temps paroisse, elle devint annexe de Taverneux en 1307 mais continua à inhumer ses défunts dans le petit cimetière contigu ; en 1573, la paroisse obtint à nouveau le droit de posséder des fonts baptismaux. La cuve est installée à l’extérieur de l’édifice, dans l’angle de la tour et du vaisseau. Le village se trouve sur une voie de pèlerinage venant de Liège et se dirigeant via Houffalize vers Bastogne et le sud. Le presbytère de Sommerain est entouré d’un muret. L’église Saint-Étienne, citée en 1245, a été remplacée par l’édifice actuel en 1888. Le cimetière contient quelques croix anciennes en schiste. Taverneux a conservé son aspect d’antan. Autour de l’église Saint-Lambert, dont les assises datent du 16e siècle, se groupent quelques fermes ardennaises typiques ; la maison Lemaire, ancienne propriété du prieuré Sainte-Catherine, a conservé un portique qui s’ouvre sur une large cour. La chapelle Notre-Dame de Forêt, le long du vieux chemin reliant Houffalize à Sommerain, est mentionnée en 1656 et fut longtemps un but de pèlerinage. L’édifice actuel, de forme hexagonale, est une reconstruction de 1755, selon les plans de l’architecte liégeois Digneffe, mandé par le curé Bechoux, de Taverneux, et par Léonard de Hayme, seigneur en partie de Houffalize. Un porche fut ajouté en 1759, un essentage d’ardoises et un dallage intérieur en pavements de Namur en 1760 ; la finition de l’autel date de 1766. La toiture à l’impériale affecte la forme d’une large cloche. Les ardoises, taillées en arrondi, en escalier ou à pans coupés, forment divers motifs décoratifs et le millésime « ANNO 1760 ».

 

 

NADRIN | 6660

 

  • « Villa de Nanthari » (?)
  • Nadrinois
  • à vocation résidentielle et touristique ; 400 m
  • N 860, ligne de bus Houffalize-La Roche
  • 1 271 ha

 

Historique

 

Le site de Nadrin est occupé à l’Âge du Fer, comme l’attestent plusieurs tombelles. Une villa gallo-romaine de type classique, avec galerie en façade, a été dégagée par des fouilles archéologiques entreprises en 1975. Un hypocauste et une cave ont été sauvegardés et le plan au sol a été restitué. Avec Ollomont et Wibrin, Nadrin constituait une terre franche dont l’abbé de Saint-Hubert était le seigneur et le seigneur de Houffalize, le voué. Filly faisait partie de la mairie d’Engreux au comté de La Roche. Au cours du 20e siècle, la zone d’habitat s’est étendue le long de l’axe routier La Roche-Houffalize.

 

À voir

 

Entre Filly et Nadrin, se dresse le monument en marbre rose du Portugal, inauguré en 1991 dans le cadre d’Europalia. Un portique en forme de dolmen, représente une fenêtre ouverte sur l’Europe et les douze piliers, évoquant des menhirs, symbolisent les douze États qui formaient alors l’Union. Situé dans un vallon, Filly compte quelques maisons anciennes, dont la ferme Jacqmin, harmonieuse construction quadricellulaire du 18e siècle. En suivant la route qui descend dans la vallée de l’Ourthe, on peut atteindre le barrage de Nisramont qui constitue un plan d’eau de 47 ha. Ollomont s’étend sur le coteau exposé au sud et descendant vers l’Ourthe, où les immenses rochers du Hérou, au bord de la rivière, sont classés depuis 1937. À l’extrémité de la route qui évite le hameau, un belvédère offre un panorama sur la vallée et les collines boisées environnantes ; on peut découvrir les méandres de la rivière en cinq endroits de son cours. Au centre d’Ollomont se dresse la tour à trois absides semi-circulaires de l’ancienne église romane Sainte-Marguerite, sans doute construite au 12e siècle. La nef fut démantelée au début du 20e siècle et le siège paroissial transféré à Nadrin. Le cimetière a conservé quelques pierres tombales en schiste, remarquables par le dessin des médaillons ou par l’originalité de leur iconographie. En contrebas de la muraille du cimetière, se trouve un bâtiment de ferme en moellons de grès et de schiste sous bâtière de chèrbins ; en face de celui-ci, l’ancien presbytère, datant du 18e siècle, aliéné par la paroisse en 1912, est devenu ensuite la maison du photographe Edmond Dauchot, fervent défenseur du patrimoine ardennais.

 

 

LES TAILLES | 6661

 

  • doit son nom aux coupes de bois que l’on y effectua
  • village de clairière à vocation agricole et forestière ; 600 m
  • 2 234 ha
  • N 30

 

Historique

 

Les Tailles est situé sur le plateau qui culmine à 650 m. Ses origines remontent au 16e siècle lorsque des bûcherons s’y installèrent pour exploiter les ressources forestières. Sa principale richesse est constituée par des forêts privées : le Bois Saint-Jean et les Bois des Hospices de Bruges. Dans un terrain jadis exploité pour la tourbe, se trouve l’entrée d’une galerie creusée par des chercheurs d’or à une époque indéterminée (accès interdit). Mais le « Trou des Massotais » est rendu inaccessible par les eaux glauques qui y stagnent en permanence. La région fut le théâtre des tristes exploits des brigands ardennais Magonette et Géna. Après avoir commis de nombreux crimes et méfaits, ils furent arrêtés et guillotinés à Liège le 4 juin 1821.

 

À voir

 

Avant la construction de l’autoroute E 25, la « Fange du Grand Passage » était sur l’itinéraire fréquenté par le grand gibier. Actuellement, il franchit l’axe routier sur une passerelle aménagée non loin de là. La réserve naturelle domaniale, constituée de fanges et de tourbières, a été aménagée dès 1971 et s’étend sur environ 132 ha dont 65 ha sont classés comme site. Le prélèvement de plantes, de fleurs (linaigrettes, droséras, trientales, sphaignes et bruyère) et de fruits est interdit, à l’exception des myrtilles.

 

 

TAVIGNY | 6662

 

  • Tabiniacus = « terre de Tabo »
  • à vocation agricole et touristique ; 430 m
  • 4 264 ha
  • N 838

 

Historique

 

Entre Tavigny et Buret, un canal devait recouper la ligne de partage des bassins de la Meuse et du Rhin. Cette œuvre inachevée, due au génie commercial des Hollandais, fut entamée à l’initiative du roi Guillaume Ier, sur base du projet d’un colonel du Génie, Remy de Puydt ; celui-ci avait pensé relier Liège à Wasserbillig par un canal empruntant les vallées de l’Ourthe, de la Woltz, de la Wiltz et de la Sûre, qui permettrait l’exportation des produits luxembourgeois et l’importation de ce qui faisait défaut à l’Ardenne. L’ouvrage aurait une longueur de 262 km, jalonnés de nombreuses écluses. En amont de Houffalize, le canal serait entièrement artificiel. Le trafic serait effectué par des barques de près de 20 m, pouvant transporter 25 tonnes de fret et tirées par un ou deux chevaux. Les travaux au tunnel de Buret commencèrent en octobre 1827. Long de près de 2 500 m, il fut creusé dans la roche à partir de son embouchure ouest et à partir de puits qui servaient à l’évacuation des déblais et à l’exhaure des eaux d’infiltration. Deux rampes en fer, scellées de part et d’autre de la galerie, aideraient à la traction des barques. Après septembre 1830, la poursuite des travaux devint inutile. Le domaine de Boeur fut acquis par l’abbaye de Stavelot en 891. Une bonne part des dîmes était perçue au profit du prieuré de Houffalize, desserviteur de la paroisse. En 1602, le curé jouissait d’un douaire de 6 arpents de terres arables. La chapelle de Buret dépendait de Boeur. Le noyau ancien de Buret est situé dans sa partie nord. La zone d’habitat s’est prolongée vers l’est avec l’implantation du Chantier lors de l’aménagement du canal Meuse-Moselle, et vers le sud, en direction de la gare du chemin de fer reliant Bastogne à Gouvy. Les fouilles archéologiques effectuées à Mont-Saint-Martin, à l’écart de Cetturu, ont mis au jour un temple gallo-romain sur les fondations duquel a été édifiée, avant l’an 900, une petite chapelle. C’est sans doute à cette chapelle que fait allusion la mention « est ibi ecclesia una » dans le Polyptique de l’abbaye de Prüm dont dépendait alors Tavigny. Cowan était à l’origine le centre paroissial desservant Houffalize et ses prêtres étaient issus du prieuré Sainte-Catherine. L’implantation du château de Tavigny remonte au haut Moyen Âge ; il n’était sans doute à l’origine qu’une tour-refuge qui constitue aujourd’hui la partie centrale du château. Les murs ont une épaisseur de 2 m et sont par endroits, percés de meurtrières. En 1360, la seigneurie de Tavigny était détenue par la famille d’Ouren. Petit à petit, des constructions se sont ajoutées pour devenir le magnifique ensemble qu’elles constituent aujourd’hui. 

 

À voir

 

Alhoumont présente quelques témoins d’architecture du 18e siècle. Des sentiers conduisent vers le refuge protohistorique des Blancs Bois ou vers la vallée du ruisseau suivie par le canal Meuse-Moselle. Le canal de Bernistap et le tunnel sont les témoins évidents du canal Meuse-Moselle. La dernière écluse avant le tunnel se trouvait à Bernistap où une gare à bateaux était aménagée pour amarrer les barques en attente du passage, la largeur du tunnel ne permettant l’accès qu’à une seule barque.  L’église néo-gothique de Boeur date de 1907 comme l’atteste le chronogramme « ECCE SANCTA CHRISTI DOMVS » gravé au tympan de l’entrée. Le surplombant, une pierre de grès porte les armoiries de Richard Paschasius, originaire de Boeur et abbé d’Echternach de 1657 à 1667. De nombreuses dalles et croix funéraires en schiste sont conservées dans le cimetière. Quelques fermes anciennes ont été restaurées, dont une habitation datée de 1755, connue sous le nom de « maison du notaire », demeure de la famille d’Arnold Flabéville, établi comme notaire à Boeur. Cetturu présente des constructions typiquement ardennaises. L’église néo-gothique Saint-Sébastien fut reconstruite en 1862. Les fonts baptismaux sont faits d’une simple cuve en arkose, probablement d’époque romane, et provenant de l’ancien sanctuaire de Mont-Saint-Martin. À Cowan, le cimetière emmuraillé de schiste s’étend sur le site de l’église désaffectée à la fin du 19e siècle. On y conserve une croix en calcaire à inscriptions gothiques, vraisemblablement du 16e siècle. La ferme Meinguet, datée de 1817, est un exemple typique de ferme ardennaise en moellons blanchis, sous toiture de chèrbins. Le château de Tavigny est un ensemble de style Louis XIII constitué par une ceinture de bâtiments et de tours cylindriques sous toiture conique, complété par une ferme et un corps de logis à trois travées de baies sur deux niveaux, par deux cours, et par un portail d’entrée en grès. Posé sur le claveau central, un panneau armorié pourrait représenter les armes de Jean d’Ouren, seigneur du lieu en 1624, et de son épouse Adrienne de Pallant. À l’arrière, des jardins à la française et des terrasses ont été aménagés. L’église Saint-Remy, en moellons enduits et blanchis, est édifiée sur une butte face au château et date du début du 18e siècle. Précédé d’une tour carrée aveugle sous une flèche octogonale, l’édifice contient du mobilier contemporain de sa construction, œuvre du sculpteur bastognard Jean Georges Scholtus. Y sont conservées les pierres tombales de Jean Charles d’Ouren, seigneur de Tavigny, décédé en 1676, de Charles Auguste de Dobbelstein, héritier de la seigneurie, et de son épouse, décédée en 1803. Dans le cimetière se dresse la pierre tombale de forme exceptionnelle de Clément Salmon, géomètre qui participa aux travaux du canal, décédé en février 1829. Vissoule et Cowan formaient jadis deux petites agglomérations séparées par un ruisseau ; les deux derniers siècles ont comblé les espaces non bâtis par des constructions plus modernes. Plusieurs fermes sont datées sur l’encadrement de l’entrée, l’une même au jour précis.

 

 

WIBRIN | 6666

 

  • « terre de Wigbrand », Wybrant (1184)
  • à vocation agricole, en mutation, se tournant vers le résidentiel et le touristique ; 400 m
  • ligne de bus Houffalize-La Roche
  • 2 349 ha

 

Historique

 

À Mormont, plusieurs tombelles de l’Âge du Fer révèlent la coexistence dans le groupe nord des rites funéraires d’incinération et d’inhumation. Avec Nadrin et Ollomont, Wibrin était érigé en terre franche, dépendant de l’abbaye de Saint-Hubert. L’abbé était le collateur de la cure de l’église Saint-Pierre de Wibrin, paroisse déjà mentionnée en 1184, et nommait le mayeur de la Haute Cour. Jusqu’au 18e siècle, de nombreux conflits d’intérêts survinrent entre les pouvoirs civils et religieux, souvent dus aux désaccords générés lors des partages des revenus. Les deux Mormont et Achouffe faisaient partie de la seigneurie de Houffalize et le prieuré houffalois en  percevait les cens et rentes. Wibrin s’étend le long de l’axe routier Nadrin-Mont. Lors de l’offensive allemande de l’hiver 1944-1945, d’âpres combats eurent lieu autour du village, opposant les éléments de deux divisions américaines aux forces d’arrière-garde allemandes.

 

À voir

 

La tour de l’église Saint-Pierre de Wibrin, dont les murs présentent un léger fruit, est le seul élément ancien de l’édifice et daterait du 17e ou du 18e siècle. Elle est couverte par une flèche octogonale d’ardoises. Entre Achouffe et Wibrin, se dresse un petit oratoire de forme circulaire, en moellons blanchis, sous une toiture d’ardoises et dédié à Notre-Dame de Lourdes. Quelques fermes anciennes, de type tri- ou quadricellulaire, en moellons de schiste, parfois enduits et blanchis, souvent avec bâtière de chèrbins, ont été édifiées le long de l’axe routier traversant le village. En contrebas de l’église, les villageois ont conservé l’épave d’un Sherman de la 2e Division blindée américaine, surnommé « Ginslink » par son équipage, d’après le numéro de la compagnie, « G ».



20/12/2010
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